Des sous-marins japonais, il y en a eu plein d'envoyés par le fond. Avec les progrès des sonars et des robots sous-marins, fort peu échappent aujourd'hui aux chercheurs. Si bien qu'on peut aujourd'hui espérer savoir ce que transportaient exactement certains et même espérer en remonter le contenu, ou une partie du contenu. Sauf un, retrouvé, pourtant, mais dont il est interdit d'aller sonder plus loin la coque. Pourquoi donc, quel grave mystère pourrait-il contenir, voilà bien quelque chose.... d'inquiétant, que je vous propose de découvrir aujourd'hui. Chargé d'or, l'I-52, c'est son nom, ne contenait pas que cela, en effet...
Le 24 juin 1944, un sous-marin japonais, l'I-52, repéré par l'un des 14 Avengers du VC-69 du petit porte-avions USS Bogue est coulé à l'aide de mines de fond et de torpilles... reperé à 1200 miles à l'ouest des îles du Cap Vert, il s'échappe et sombre par 5 000 mètres de profondeur.... Seule une tâche d'huile indique le désastre. Le petit porte-avion était parti de... Casablanca. Le sous-marin qu'il poursuivait était énorme, faisait 108 mètres de long, déplaçait 2 564 tonnes et pouvait faire 39 000 km sans ravitailler, c'est un de ses sous-marins cargos dont se servait le Japon pour se ravitailler en appareils de pointe, achetés aux allemands, ou en produits dont il manquait, comme le caoutchouc ou des métaux rares, ou même de l'étain (il y en avait 160 tonnes à bord !). Il pouvait en effet emporter 300 tonnes ! Le sous-marin a fait un drôle de périple : il est passé par Singapour, pour charger du caoutchouc, de l'opium et de la quinine, et devait se rendre comme convenu en Allemagne, mais le débarquement allié a saboté sa mission initiale : après avoir rencontré au large des Açores un U-Boot allemand, l'U-530, commandé par le capitaine Kurt Lange, chargé un radar Naxos FuMB 7 et une machine Enigma, il file vers Trinidad et non plus... Lorient, ou il était attendu. A Lorient où l'attendait l'assistant de l'attaché naval japonais en Suisse, Yoshikazu Fujimura, avec une cargaison comprenant un moteur Jumo (un réacteur allemand de Me 262), deux torpilles acoustiques "Zaukönig" T-11 et 800 kilos d'uranium 235 pour réacteur nucléaire... Qu'avait tenté de faire le sous-marin en partant vers... les Barbades et les Etats-Unis, c'est là tout son mystère... qu'emportait donc encore le sous marin... en dehors de deux tonnes de barres d'or ?
L'histoire de l'I-52 est en effet une des plus extraordinaires de la seconde guerre mondiale, car l'engin qui gît à plus de 5 000 mètres de profondeur retrouvé en 1995 contient peut-être bien un secret fondamental. Avant de découvrir lequel, il serait intéressant d'en étudier la carrière, et celle de ses semblables, car l'engin na n'a pas été le seul dans sa catégorie, et chez les allemands aussi, des sous-marins cargos ont servi à d'étranges trafics, dont un, notamment, l'U-234, retrouvé en 2009, alors qu'il avait sciemment été coulé par les américains au prétexte que sa "technologie " ne devait tomber aux mains de personne (sous entendu, des russes).
Vingt jours encore avant l'I-52, les américains avaient déjà arraisonné un U-Boat tout aussi spécial : l'U-505, de type IXC. Celui-ci avait déjà zoné sur les côtes des Caraïbes et du Vénézuela en 1942, pour des missions qui duraient en moyenne 80 jours. Le 10 novembre 1942, il avait essuyé une lourde attaque d'un Lockheed Hudson de la RAF au large de... Trinidad, l'obligeant à réparer et à transférer ses blessés à son U-Boot "mère"("Milchkuh"), le U-462. Pour rejoindre la Golfe du Mexique, comme ses confrères, il utilise le relais du Cap Vert. Le 15 mai 1944, les américains y envoient un détachement de plusieurs navires dont un porte-avions léger (l'USS Guadalcanal -CVE-60) et 5 destroyers (le Pillsbury (DE-133), le Pope (DE-134), le Flaherty (DE-135), le Chatelain (DE-149), et le Jenks (DE-665) pour contrecarrer les plans allemands. Ils tombent sur l'U-505 à 250 km de Rio de Oro, sur la côte du Sahara espagnol. C'est le destroyer Chatelain qui va forcer l'U-505 à remonter et se rendre après l'envoi de plusieurs charges profondes. A bord, les codes de l'Enigma étaient découverts : ce qui allait ruiner les efforts allemands pour les mois à venir : toutes leurs communication codées étaient devenues lisibles par l'adversaire !
Un autre sous-marin cargo contenant des choses surprenantes sera coulé le 5 mai 1945 au nord-ouest du Danemark, dans le Kattegat, par 10 charges de profondeur larguées par un bombardier Liberator anglais du Squadron 86/G du Costal Command. Remonté en 1998, l'U-534 révèlera un bien étrange chargement. Une véritable "time capsule" à bord. Dont deux Enigma (étrangement reliées ensemble, encore plus incompréhensible, à moins de chercher à augmenter la complexité du code !) des têtes de torpilles T-11, et ce qui fut pris pour des "capotes" et qui étaient des ballons météo et des leurres radars appelés "Aphrodite", lancés du pont grâce aux bouteilles d'hélium à bord. Le système n'était utilisé que pour l'Océan Indien : l'U-534 était donc en partance.. pour le Japon. L'engin était fort évolué, avec son tube arrière de lancer de torpilles et ses nombreux microphones disséminés sur sa coque. Selon certaines informations, l'U-Boat 534 était relié en radio à un équipement particulier, une station de radio mobile ulta-performante montée sur un camion, relayant le 'Goliath", un système qui pouvait émettre partout... (sauf au fond des Fjords norvégien) sur 1000 km en mer du Nord ou en Baltique et jusque 8000 km dans l'Océan Indien. Le Goliath a été décrit en détail en 2004 par Omer Tolga Inan comme étant une des plus grandes avancés technologiques de la seconde guerre mondiale. Les bateaux américains furent équipés à la hâte à la fin de la guerre d'antennes spéciales pour détecter les émissions des sous marins. L'U-534, confronté à un problème de place a été déplacé et tronçonné en 5 parties afin de montrer davantage son contenu : la démarche, qui ne cherchait qu'à minimiser le coût de son nouveau déplacement, est discutable, mais il a failli être détruit alors qu'aujourd'hui il devient au moins visitable, car son musée actuel est une réussite indiscutable
La torpille "Zaukoning" avait une avance colossale sur les autres existantes. Son électronique était très, très avancée pour l'époque. C'était la première torpille acoustique au monde, là où les autres faisaient dans le magnétique encore. La découverte en juin 1944 par des plongeurs russes d'exemplaires de cet engin à bord du sous-marin coulé U-250 (par le MO 103 russe) était telle que Joseph Staline en personne ordonna d'en donner le contenu aux alliés. Remontées avec l'U-Boot à 27 mètres de fond seulement, elles allaient livrer à Kronstadt des révélations sur leur incroyable technicité. Ces torpilles, qui savaient "écouter" le bruit du sous-marin lanceur pour ne pas fondre sur lui pouvaient être en effet comparées aux systèmes actuels de missiles sachant déterminer les adversaires parmi les amis, elles se débrouillaient seules pour le faire une fois lancées : la technique du "fire-and-forget". Sur les trois douzaines seulement de torpilles Zaukönig" T-11 fabriquées, le U-534 en emportait trois... son voyage n'était donc pas commun. Lors du naufrage de l'U-250, seuls 5 marins allemands avaient réussi à s'échapper vivants.
En mai 1945 encore, un U-Boot très spécial, l'U-234, un sous-marin cargo comme celui des japonais, de 1700 tonnes et 89 m de long, quitte Hambourg, remonte vers la Norvège à Horten, où il charge 560 kilos d’uranium hautement enrichi (Uranium 235)... au total, à bord, il y a 240 tonnes de matériel dont 2 Messerschmitt 262 complets démontés, 26 tonnes de mercure et... deux officiers japonais, le colonel Genzo Shosi, et le capitaine Hideo Tomonaga. Direction le Japon, donc... via toujours le Cap-Vert. Arrivé à sa hauteur, il apprend la reddition allemande du 8 mai. Le 10, il est déjà en direction de l'ouest, car son capitaine souhaite se rendre aux USA ou au Canada, vers Halifax, semble-t-il. C'est le destroyer USS Sutton qui l'arraisonnera le 14 mai, aux alentours de la côte canadienne vers le "Bonnet Flamand". A bord, les deux officiers japonais se sont déjà suicidés. Les américains nieront longtemps la présence à bord d'U-235... avant de produire une bombe atomique en utilisant ! L'examen du contenu du sous-marin capturé aurait paraît-il "fait tomber le responsable l'Alomogordo en catalepsie". Il y avait de quoi en effet ; à l'époque, les américains n'ont pas réussi à fabriquer plus du 1/3 de l'uranium à bord de cet étrange cargo !
A bord, il y a 7 torpilles : 2 T-1, 3 T-3 (de gros modèles) et 2 T-5s. En équipement radio, le top du moment : un modèle de radar “Hela” avec antenne circulaire, un“Naxos” avec antenne de type "Tunis" un modèle “Borkum” à antenne circulaire, et en réserve un “Hela, deux antennes Tunis et une Southern Cross et deux antennes "Runddipol" sont montées sur le pont et en haut du Snorkel deux sont en réserve. En équipement radio, une radio “Grosschiff” de Type 18 – 100 mètres signéeTelefunken, une “Köln” à ondes courtes de 1.5 à 25 megacycles, (GAF Model) et un récepteur tous temps dans les 20- 20 000 kilocycles, encore deTelefunken. Le plus surprenant était ce qu'il y avait à bord, mais aussi comment cela avait été rangé à bord. "Les conteneurs chargés ont été conçus de même diamètre que les puits de mines verticaux, et ont été chargés et maintenus en place par le mécanisme de libération habituel. Les quatre compartiments, deux de chaque côté, étaient chargés avec des tubes horizontaux, (ces tubes étaient à l'origine sur le pont des torpilles et leurs conteneurs ont été simplement un peu raccourcis pour être utilisés comme des conteneurs de fret). L'U-234 possédait six conteneurs au milieu du bateau vers l'avant et, six conteneurs verticaux dans les puits de mines de chaque côté, et dans chacun des quatre espaces de fret avaient été placés huit tubes de fret, placés horizontalement." Bref, les allemands avaient chargé les containers à U-235 dans les puits de mines : à tout instant, l'U-Boot aurait pu les larguer pour qu'ils ne tombent pas aux mains de l'ennemi ! Cette façon de procéder explique l'extrême importance accordée au chargement "spécial" à bord !
L'envoi de ce produit fort rare aux japonais signifiait en effet deux choses : l'Allemagne en avait à revendre, ce qui est étonnant, et cela intéressait les japonais qui dont, obligatoirement préparaient eux aussi une bombe nucléaire ou quelque chose d'équivalent ! Autre étonnante découverte ! La quantité d'uranium et les deux 262 n'étaient pas ce qui avaient intrigué le plus les américains : c'est la quantité colossale de nourriture qu'il y avait à bord : le sous-marin aurait pu tenir des mois avec, ou nourrir des gens pendant des mois... le trajet de l'U-234 aussi avait intrigué : désireux soi-disant de se rendre au Canada, il se dirigeait plutôt plus au sud, vers ... Newport News, en Virginie ! A bord du navire il y avait aussi le Lieutenant General Ulrich Kessler, le responsable des bombardements en Norvège. Le personnage, avec son monocle, n'avait pas fait mystère de voir cingler l'U-Boot vers... l'Argentine, pays dont il citera le nom dès son premier interrogatoire. "Mais, en affichant un autre côté, plus pratique, Kessler admis au cours de l'interrogatoire qu'il avait essayé de descendre le long des côtes de l'Argentine - une histoire qui n'était pas incroyable à la lumière du fait que de nombreux hauts responsables Allemands avaient déjà fui vers ce pays d' d'Amérique du Sud. Ce que Kessler savait de la cargaison atomique reste un mystère aujourd'hui. Les chercheurs trouvent plutôt que Kessler, sachant que la guerre était sur le point d'être perdue, était monté à bord du sous-marin comme un simple moyen d'évasion. L'écart entre les déclarations de Fehler (le commandant de l'U-Boot) et les faits réels ont été rapidement reconnus par les autorités américaines qui avaient envoyé deux destroyers pour intercepter U-234, là où il l'a été".
L'objectif était clair. Mais en ce cas, qu'allaient donc faire des nazis avec ce plutonium en Argentine ? La reddition de l'U-234, et surtout le détail de sa cargaison restera longtemps ignorée du public, ou présentée comme la capture d'un U-Boot ordinaire, ce qui, visiblement, n'était pas du tout le cas ! Les marins qui s'étaient rendus seront gardés deux bonnes années aux USA avant d'être libérés, sans qu'on puisse les retrouver en Allemagne, ou pour certains restés aux USA. Autre mystère. En 1985, Robert K Wilcox, historien, dans son livre "Japan's Secret War — Japan's Race Against Time To Build Its : Own Atomic Bomb," affirmait que les japonais aussi travaillaient à une bombe atomique. Et que la capture de l'U-234 arrivait trois mois à peine avant Hiroshima...
C'était clair pour certains en tout cas :" l'Uranium saisi par les autorités américaines à partir d'un U-boat allemand au Portsmouth Naval Yard en 1945 aurait pu être utilisé dans plus tard, dans les explosions US de tests atomiques dans le Nevada et l'atoll de Bikini atoll dans le Pacifique, selon une autorité travaillant sur le cas". Un peu moins clair chez d'autres, dont Wllma Hunt, qui s'occupera plus tard du cas de Three Misles Island : "Retraitée de l'Université Penn State de santé environnementale la professeur Vilma Hunt a déclaré que sur la base limitée d'informations disponibles, elle ne peut pas exclure la possibilité que l'uranium allemand ait été utilisé dans les attaques atomiques américaines sur le Japon. C'est, cependant, très peu probable". Hunt regrettera toujours de n'avoir obtenu aucune réponse à ses questions au gouvernement sur le sujet. Car il reste plusieurs interrogations sur la reddition de l'U-234, et elles tournent toutes à propos du rôle joué par son commandant et des barres d'uranium saisies : "le Capitaine Fehler," selon un journaliste : "tout en se plaignant au sujet du pillage (de son U-Boot), a mentionné qu'il était d'autant plus indigné à ce sujet, car tout ce qu'il avait à faire était de tirer sur un levier et tous les leurres pour les mines de profondeur auraient été vidés de leur contenu dans l'océan" "Ce qui aurait inclus l'uranium", a-t-il déclaré. Visiblement, en effet , les américains se sont servis, et aucune trace de cet "emprunt" n'est resté dans les documents officiels. Toute allusion aux barres d'uranium a été gommée ! Fehler, à peine débarqué comparera son arraisonnement à l'arrivée d'une "bande de gangsters". Car une fois à quai, un visiteur civil est venu voir le contenu de son sous-marin. Et pas n'importe lequel, selon l' autre officier allemand à bord (Pfaff).
"Un "grand garçon maigre" portant un chapeau à la "Eillot Ness"- un chapeau à la mode dans les années 1930 et 40 - est apparu. Seul civil dans la salle, il est allé sur superviser l'ouverture des boîtes. Qui est-ce ? A demandé Pfaff. Oppenheimer, dit quelqu'un. "Je n'avais aucune idée sur qui pouvait bien être Oppenheimer," a dit Pfaff. Mais plus tard, quand la guerre a finalement pris fin, Pfaff, dans un centre de détention de la Louisiane, a pu lire les rapports des nouvelles sur le physicien atomiste J. Robert Oppenheimer, directeur de la Laboratoire de Los Alamos, où la conception et la construction de la première bombe atomique ont eu lieu". Oppenheimer, père de la bombe atomique ultra-secrète alors, dépêché pour venir voir le contenu d'un sous-marin ? L'histoire est tout simplement ahurissante, et laisse entendre un nombre important d'interrogations sur l'état d'avancée du programme atomique allemand !
Mais revenons donc à cet I-52, coulé le 24 juin 1944 alors qu'il cherchait à remonter vers l'Europe et Lorient. A peine coulé, les marins ébahis de l'USS Bogue voient la mer se couvrir de cubes noirs. Des morceaux de coutchouc, qui remplissaient l'avant de l'engin détruit et réduit en miettes par une torpille d'Avenger. Une fois l'épave retrouvée, un sous-marin (russe, loué pour l'occasion) descendra ausculter les entrailles de la bête. Et se fera immédiatement interdire de pénétrer à l'intérieur avec un rover téléguidé. Les japonais prétextant la qualité de "tombe" au cercueil d'acier des marins emprisonnés. Le sous-marin fit néanmoins quelques prélèvements, dont des lingots d'étain, et des boites mystérieuses contenant en fait de... l'opium. Mais pas de barreau d'or, restés à l'intérieur. Mais ce n'était pas non plus ce que cherchait le plus Tidwell : non, ce qu'il cherchait, et qui pourrait expliquer la réaction japonaise et le fort peu d'empressement des autorités américaines sur le sujet.. c'était des rouleaux de papiers. Selon lui restés intacts à cette profondeur (ce qui n'est pas sûr du tout). Et selon lui aussi ce qui pourrait faire revoir la fin de la seconde guerre d'une autre façon.
Si à Lorient un envoyé de l'ambassade suisse avait été dépêché c'était aussi pour recevoir des documents qui auraient dû être ensuite transmis aux USA. "Selon ses documents, Yoshikazu Fujimura, l'assistant attaché naval japonais de l'ambassade en Suisse, était en négociation de paix secrète avec un représentant des États-Unis, Allen Dulles. M. Fujimura avait été envoyé au port de Lorient en France occupée pour rejoindre l' I-52, et, quelques historiens le pensent, pour y recevoir la proposition de paix japonaise. Lorsque le sous-marin ne s'est pas présenté, il est revenu en Suisse les mains vides. M. Tidwell espère en avoir terminé avec la spéculation sur le sujet l'année prochaine. "En raison de la profondeur, le papier est préservé," selon lui..." Si c'est le cas, c'est une autre bombe de découverte... rappelons que l'on est alors en juin 44, et que la guerre au Japon allait encore durer 15 mois, parmi les plus terribles, avec les combats les plus violents dans le Pacifique. Qui aurait pu vouloir saboter cette tentative de paix ? L'influent John Foster Dulles, ou plutôt son frère Allen, chef des opérations à New York pour le compte du COI (Coordinator of Information) l'organisme qui deviendra l'Office of Strategic Services (ou OSS) en 1942, l'ancêtre officiel de la CIA ?





