Everest...et "La zone de la mort"

J'ai tjs eu une fascination pour les pionniers, aventuriers (Shackleton, Chapman-Andrews...), ou les Hommes lambdas qui d'un coup se révèlent des surhommes. L'histoire des Hommes est jalonnée d'anecdotes ou d'exploits mettant en avant un homme qui à un instant T à su surmonter tous les obstacles et s'extraire de sa pauvre condition d'humain au péril de sa vie, au péril de tout...
J'ai lu le livre de Jon Krakauer "Tragédie à l'Everest".
"Tragédie à l'Everest" est un roman basé sur une histoire vraie qui revient sur une tragédie qui s'est déroulée en 1996 au sommet du mont Everest.
En 1996, 2 guides s'associent pour faire monter un groupe de touristes au sommet, la voie n'est pas encore vraiment ouverte aux néophytes de la chaîne du Népal mais la possibilité d'arriver au sommet peut ouvrir la voie à un nouveau type de commerce du sommet (une forme de tourisme de masse).

La montée d'acclimation jusqu'au camp IV se fait sans aucun soucis, technique mais cela passe. Puis le grand jour arrive pour tenter sa chance au sommet.
Généralement le départ se fait très tôt le matin, autour de 3h/4h du matin car il y a un timing à respecter...pour être dans les clous, en gros, il faut être arrivé au sommet avant 12h, rester au maximum 30 minutes sur le toit du monde puis vite redescendre pour regagner le camp avant la tombée de la nuit, ceci est bien évidemment dans le meilleur des cas. Beaucoup d'alpinistes qui ne sont pas dans le timing, la plupart du temps, renoncent même à quelques mêtres du sommet après l'avoir tutoyé...c'est vous dire les conditions drastiques qui posent le décor...mais cela était sans aborder le problème crucial à cette altitude qui est la raréfaction de l'oxygène. Sans rentrer dans un calcul scientifique, il y a 3 fois moins d'oxygène dans les derniers cents mètres de l'ascension qu'au niveau de la mer. Clairement, l'homme n'est pas fait pour vivre ou même supporter ce fardeau...pourtant grâce à l'apport de bouteilles d'oxygène (on parle d'assistance ou sans assistance), de nombreuses personnes arrivent au bout. Réaliser un effort à cette altitude demande bcp d'oxygène (chose rare) donc un effort surhumain pour soulever chaque pas (sans parler du poids du matériel)

Lorsqu'un groupe fait une ascension, au préalable, un sherpa et un guide sont montés pour placer les cordes afin de gagner du temps pour le groupe qui va passer quelques heures plus tard. Ce matin là, le Sherpa et le guide partent pour placer tout cela. Pendant ce temps là, quelques heures plus tard (autour de 5h/6h du matin) le groupe part avec les 2 guides.
L'ascension dans un premier temps se déroule sans encombre, cependant le groupe étant nombreux et l'amateurisme se faisant sentir, c'est très lent (rappelez vous du timing pour monter qu'il faut respecter).
A un moment, le groupe rattrape le sherpa et le guide censés avoir encordés au préalable la voie, le sherpa souffre du mal des montagnes et doit redescendre...la voie n'est donc pas préparée...les 2 guides font quand même le choix de monter, ils poseront les cordes eux-mêmes...(pensez tjs au timing...). Au fond du groupe, dans l'ascension, un client se sent mal et ralentit, un des guides décide alors de laisser partir le groupe en tête, ils continueront plus doucement, le client tenant absolument à grimper (voyez comment j ai utilisé le mot client ici et pas alpiniste). Finalement, l'équipe arrive à passer tant bien que mal le terrible "Hillary step" un mur de 12 m de haut et le "bottleneck" puis arrive au sommet vers 14h/15h (au lieu de 11h30/12h pour réussir), les clients restent plus de temps que prévu en haut en plus...quand le groupe entame sa descente, le client retardataire avec le guide arrive au sommet aussi...
Soudain, les conditions météorologiques changent brusquement...et là, la tragédie s'installe...la nuit tombe très vite, ainsi que la température, un orage, un tempête de neige fait baisser la température à -60°C. Le guide tente tant bien que mal de ramener les gens au camp mais la visibilité est quasi nulle et quasiment tout le monde se perd à quelques mètres des tentes...

Pour ceux arrivés au camp, un kazakh du nom d'Anatoli Boukreev est alerté, il se repose car il a effectué dans la journée l'ascension sans assistance respiratoire, on peut donc imaginer l'état de fatigue du type...Prenant son courage à 2 mains...il se lève et un à un il va tenter de ramener le plus de survivants possibles dans la tempête de neige, le froid et l'effort que demande la zone de la mort...il laissera 2 personnes seulement, jugés impossible à descendre (comprendre en état avancé de la maladie de l'altitude). Une belle leçon de courage...

Quand au guide qui accompagnait le retardataire qui fut le dernier à atteindre le sommet, le client disparu et le guide resta coincé en haut durant toute la nuit, il avait sur lui sa radio et appela sa femme jusqu'à mourir d'engelures (frostbite) et du manque d'oxygène ...
Beaucoup d'interprétations de la tragédie existe selon plusieurs points de vues.
Certains disent qu'il y avait une sorte de compétitions entre les guides.
D'autres pointent l'amateurisme du groupe.
Beaucoup de professionnels pointent du doigt qu'à partir du moment où la pose de corde n'avait pas été faite au préalable, l'expédition aurait du être annulé au vu du nombre de participants.
Certains en lien avec ce qui est au dessus, disent aussi que le timing serré n'ayant pas été respecté, ils auraient du rebrousser chemin...(on parle de porte, c est à dire un moment précis pour monter).
Un médecin a mis à jour que le manque d'oxygène altère la conscience et que du coup, on diffère voir on occulte certaines difficultés...
D'autres critiquent Anatoli qui aurait du (au préalable) accompagné le groupe, mais ayant fait le choix du "sans assistance" était trop fatigué pour aider les clients à descendre.
Une question éthique se pose aussi chez les alpinistes, celle de la performance au détriment de la solidarité. Beaucoup d'alpinistes sont laissés pour morts dans dernière montée car on ne ne veut pas perdre de temps dans son objectif, tant pis pour ceux qui échouent. Plus de 200 cadavres (bien conservés par le froid) servent aujourd'hui de repères pour l'ascension...le plus connu étant "green boots" qui gît mort depuis de nombreuses années, tout le monde l'entrejambe quasiment, il marque la dernière ascension vers le sommet...

Compte tenu des efforts à fournir pour rester dans la zone de la mort, il est déjà difficile d'avancer, en plus avec du matériel...alors imaginer ramener un cadavre plus bas...certains tentent de faire des sépultures spartiates sur place mais la plupart restent tels quels...

En tout cas, cela reste un monde qui me fascine, ces derniers endroits où l'homme se dépasse, tout est contre lui mais l'ivresse est plus forte...
Je vous invite à aller voir le film "Everest" actuellement au cinéma et le livre de Jon Krakauer.
Un très bon document aussi sur YT : https://www.youtube.com/watch?v=Xrtc8XD34iA
Bien évidemment, mon récit ne se veut pas d'une exactitude à toute épreuve, en revanche, j'espère qu'il vous donnera envie d'en savoir plus sur le sujet
Évacuation d'un corps : http://www.dailymotion.com/video/xvn826 ... movie_news
J'ai lu le livre de Jon Krakauer "Tragédie à l'Everest".
"Tragédie à l'Everest" est un roman basé sur une histoire vraie qui revient sur une tragédie qui s'est déroulée en 1996 au sommet du mont Everest.
En 1996, 2 guides s'associent pour faire monter un groupe de touristes au sommet, la voie n'est pas encore vraiment ouverte aux néophytes de la chaîne du Népal mais la possibilité d'arriver au sommet peut ouvrir la voie à un nouveau type de commerce du sommet (une forme de tourisme de masse).

La montée d'acclimation jusqu'au camp IV se fait sans aucun soucis, technique mais cela passe. Puis le grand jour arrive pour tenter sa chance au sommet.
Généralement le départ se fait très tôt le matin, autour de 3h/4h du matin car il y a un timing à respecter...pour être dans les clous, en gros, il faut être arrivé au sommet avant 12h, rester au maximum 30 minutes sur le toit du monde puis vite redescendre pour regagner le camp avant la tombée de la nuit, ceci est bien évidemment dans le meilleur des cas. Beaucoup d'alpinistes qui ne sont pas dans le timing, la plupart du temps, renoncent même à quelques mêtres du sommet après l'avoir tutoyé...c'est vous dire les conditions drastiques qui posent le décor...mais cela était sans aborder le problème crucial à cette altitude qui est la raréfaction de l'oxygène. Sans rentrer dans un calcul scientifique, il y a 3 fois moins d'oxygène dans les derniers cents mètres de l'ascension qu'au niveau de la mer. Clairement, l'homme n'est pas fait pour vivre ou même supporter ce fardeau...pourtant grâce à l'apport de bouteilles d'oxygène (on parle d'assistance ou sans assistance), de nombreuses personnes arrivent au bout. Réaliser un effort à cette altitude demande bcp d'oxygène (chose rare) donc un effort surhumain pour soulever chaque pas (sans parler du poids du matériel)

Lorsqu'un groupe fait une ascension, au préalable, un sherpa et un guide sont montés pour placer les cordes afin de gagner du temps pour le groupe qui va passer quelques heures plus tard. Ce matin là, le Sherpa et le guide partent pour placer tout cela. Pendant ce temps là, quelques heures plus tard (autour de 5h/6h du matin) le groupe part avec les 2 guides.
L'ascension dans un premier temps se déroule sans encombre, cependant le groupe étant nombreux et l'amateurisme se faisant sentir, c'est très lent (rappelez vous du timing pour monter qu'il faut respecter).
A un moment, le groupe rattrape le sherpa et le guide censés avoir encordés au préalable la voie, le sherpa souffre du mal des montagnes et doit redescendre...la voie n'est donc pas préparée...les 2 guides font quand même le choix de monter, ils poseront les cordes eux-mêmes...(pensez tjs au timing...). Au fond du groupe, dans l'ascension, un client se sent mal et ralentit, un des guides décide alors de laisser partir le groupe en tête, ils continueront plus doucement, le client tenant absolument à grimper (voyez comment j ai utilisé le mot client ici et pas alpiniste). Finalement, l'équipe arrive à passer tant bien que mal le terrible "Hillary step" un mur de 12 m de haut et le "bottleneck" puis arrive au sommet vers 14h/15h (au lieu de 11h30/12h pour réussir), les clients restent plus de temps que prévu en haut en plus...quand le groupe entame sa descente, le client retardataire avec le guide arrive au sommet aussi...
Soudain, les conditions météorologiques changent brusquement...et là, la tragédie s'installe...la nuit tombe très vite, ainsi que la température, un orage, un tempête de neige fait baisser la température à -60°C. Le guide tente tant bien que mal de ramener les gens au camp mais la visibilité est quasi nulle et quasiment tout le monde se perd à quelques mètres des tentes...
Pour ceux arrivés au camp, un kazakh du nom d'Anatoli Boukreev est alerté, il se repose car il a effectué dans la journée l'ascension sans assistance respiratoire, on peut donc imaginer l'état de fatigue du type...Prenant son courage à 2 mains...il se lève et un à un il va tenter de ramener le plus de survivants possibles dans la tempête de neige, le froid et l'effort que demande la zone de la mort...il laissera 2 personnes seulement, jugés impossible à descendre (comprendre en état avancé de la maladie de l'altitude). Une belle leçon de courage...

Quand au guide qui accompagnait le retardataire qui fut le dernier à atteindre le sommet, le client disparu et le guide resta coincé en haut durant toute la nuit, il avait sur lui sa radio et appela sa femme jusqu'à mourir d'engelures (frostbite) et du manque d'oxygène ...
Beaucoup d'interprétations de la tragédie existe selon plusieurs points de vues.
Certains disent qu'il y avait une sorte de compétitions entre les guides.
D'autres pointent l'amateurisme du groupe.
Beaucoup de professionnels pointent du doigt qu'à partir du moment où la pose de corde n'avait pas été faite au préalable, l'expédition aurait du être annulé au vu du nombre de participants.
Certains en lien avec ce qui est au dessus, disent aussi que le timing serré n'ayant pas été respecté, ils auraient du rebrousser chemin...(on parle de porte, c est à dire un moment précis pour monter).
Un médecin a mis à jour que le manque d'oxygène altère la conscience et que du coup, on diffère voir on occulte certaines difficultés...
D'autres critiquent Anatoli qui aurait du (au préalable) accompagné le groupe, mais ayant fait le choix du "sans assistance" était trop fatigué pour aider les clients à descendre.
Une question éthique se pose aussi chez les alpinistes, celle de la performance au détriment de la solidarité. Beaucoup d'alpinistes sont laissés pour morts dans dernière montée car on ne ne veut pas perdre de temps dans son objectif, tant pis pour ceux qui échouent. Plus de 200 cadavres (bien conservés par le froid) servent aujourd'hui de repères pour l'ascension...le plus connu étant "green boots" qui gît mort depuis de nombreuses années, tout le monde l'entrejambe quasiment, il marque la dernière ascension vers le sommet...

Compte tenu des efforts à fournir pour rester dans la zone de la mort, il est déjà difficile d'avancer, en plus avec du matériel...alors imaginer ramener un cadavre plus bas...certains tentent de faire des sépultures spartiates sur place mais la plupart restent tels quels...

En tout cas, cela reste un monde qui me fascine, ces derniers endroits où l'homme se dépasse, tout est contre lui mais l'ivresse est plus forte...
Je vous invite à aller voir le film "Everest" actuellement au cinéma et le livre de Jon Krakauer.
Un très bon document aussi sur YT : https://www.youtube.com/watch?v=Xrtc8XD34iA
Bien évidemment, mon récit ne se veut pas d'une exactitude à toute épreuve, en revanche, j'espère qu'il vous donnera envie d'en savoir plus sur le sujet

Évacuation d'un corps : http://www.dailymotion.com/video/xvn826 ... movie_news